Revenir à Patrimoine

Sélys-Longchamp et Comtes de Méan

Deux hôtels prestigieux restaurés et réaffectés

Cet article a été publié dans la Chronique juin-décembre 2011

Salle de bal des Comtes de Méan restaurée

Ce 15 septembre, le Crowne Plaza de Liège s’inaugurait officiellement. Ce nouveau « 5 étoiles » s’est installé dans les anciens immeubles de Sélys-Longchamps et des Comtes de Méan, restés  longtemps inoccupés. Nous avions suivi et commenté les fouilles et les choix de rénovation de ces témoins remarquables de l’architecture liégeoise dans nos chroniques n° 30 et 31 du premier semestre 2007.

Maintenant que l’hôtel est ouvert, on peut découvrir le nouveau visage de cette partie du Publémont située entre la rue de la Montagne, le boulevard de la Sauvenière et le Mont-Saint-Martin.

Le voyageur qui y séjourne, le passant qui vient y consommer seront certainement éblouis par un aménagement luxueux et par la qualité exceptionnelle des lieux : les façades ont été « reliftées », la salle de bal de style néo-classique a retrouvé son lustre, les caves voutées, désormais accessibles, servent de bar, le salon Rouge et le salon Lovinfosse du Sélys-Lonchamps, très heureusement restaurés, font office de restaurant… L’essentiel de ce patrimoine exceptionnel a été conservé, avec des adaptations nécessaires et des sacrifices dus à l’importance du programme hôtelier.

Un témoin plus averti, qui a le souvenir des lieux et des édifices avant leur transformation, sera peut-être plus réticent à l’enthousiasme. L’impact visuel des nouvelles constructions de la rue Basse-Sauvenière est vraiment négatif, de même que la perte du site naturel et des jardins. On regrette la démolition de la muraille de la Basse-Sauvenière : l’atmosphère médiévale de cette petite rue, encore bien conservée sur ce tronçon, a définitivement disparu. Il en sera de même un peu plus à l’est, quand l’ancien espace du Trianon sera construit. On peut signaler aussi, question de mémoire, la disparition de la grille des Comtes de Méan, de même que celle des très beaux départs d’escaliers sculptés de la tour de Sélys-Longchamps. Le linteau surmontant la porte de la rue de la Montagne avec son chronogramme « PLANTATE HORTVM ET EDITE EXFRVCTIBVS EIVS » (1683)  aurait été volé. Quant au cygne empaillé suspendu au plafond de la cage d’escalier de l’hôtel de Sélys, il s’est, lui, envolé…

Cela étant dit, nous ne sommes pas grincheux. On ne peut évidemment que se réjouir quand des bâtiments de qualité trouvent une affectation qui permet leur maintien et leur restauration. Je vous invite à y jeter, en passant, un coup d’oeil averti…

Madeleine MAIRLOT

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