Revenir à Patrimoine

Grand Curtius

Du Méga Musée au Grand Curtius

Une affaire liégeoise qui a défrayé la chronique pendant plus de 10 ans. Elle a opposé dès 1996 les pouvoirs publics, commanditaires d’un nouveau musée, à l’intérieur de l’îlot Curtius, et des associations de défense du patrimoine relayées par une partie de l’opinion publique. Les opposants au projet critiquaient le gabarit du nouveau bâtiment jugé excessif par rapport à son environnement et son implantation qui impliquait la destruction d’un ensemble patrimonial classé. Les partisans défendaient le projet globalement, refusant de le modifier notamment par crainte… de perdre les subsides de l’Europe.
Et pourtant, les deux camps se rejoignaient sur la nécessité d’un grand musée à cet endroit, regroupant les très riches collections liégeoises…

Un conflit juridique de longue durée, des débats d’experts, des questionnements sur la démocratie participative, un combat citoyen exemplaire et une histoire qui, heureusement, se termine bien.

Le 6 mars 2009, le Grand Curtius à rouvert ses portes au public. L’action positive des ASBL « SOS Mémoire de Liège » et « Vieux Liège » a été reconnue par la Ville de Liège. Une plaque représentant l’ensemble architectural sauvé par celles-ci est apposée sur un mur de la cafétaria du musée.
Le texte stipule que « grâce à ces associations, la cohérence architecturale et historique de cet îlot remarquable a été préservée ».


Partie de l’hôtel de Haxhe sauvée par le Vieux-Liège et SOS mémoire de Liège

  Galerie 1905 sauvée par les associations

L’îlot Curtius, croquis de Gérard Michel

Un bulletin spécial « Témoignage d’un combat citoyen. Le Grand Curtius », dédié à notre combat, a été publié en juillet-décembre 2009. Vous pouvez vous le procurer au prix de 9,8 € à la librairie du Grand Curtius notamment. En voici lavant-propos :

« Treize ans après le dépôt du projet du groupe parisien « Repérages » qui prévoyait la démolition d’un l’ensemble immobilier classé, déstructurant ainsi l’îlot des musées du  cœur historique de notre ville en implantant en son milieu un building de verre censé accueillir des expositions permanentes, le Grand Curtius a enfin ouvert ses portes, ce 6 mars 2009. Nous ne pouvons que nous en réjouir, d’autant que les lieux sont remarquablement aménagés.

« A cette occasion, le Vieux-Liège publie un numéro de son Bulletin entièrement consacré au combat exemplaire qui a permis que le plus beau musée de Liège soit aujourd’hui ce qu’il est.

« Cette initiative a ceci de particulier par rapport à notre démarche habituelle qu’elle met à l’honneur l’histoire immédiate des Liégeois.

« Il nous a paru en effet légitime de livrer à nos lecteurs la description des moments les plus importants de la lutte menée pour la défense d’un patrimoine hautement symbolique. Mais aussi de leur rappeler les raisons de cet engagement et d’aborder la question du sens de nos actions, qui n’a cessé de nous animer.

« Les années 1990 furent marquées par un autre moment fort, fondateur de S.O.S. Mémoire de Liège :  l’occupation physique, pendant six semaines, du site archéologique de la place Saint-Lambert. L’engouement populaire et la charge émotive furent tels que le mouvement porté par les défenseurs des vestiges de notre histoire aboutit à la création d’un Archéoforum. Depuis, l’intérêt du politique pour un patrimoine culturel révélateur d’identités n’a cessé de grandir.

« Malgré ces évolutions des mentalités qui touchent la plupart des villes européennes,  le conflit d’idées qui s’est noué autour du projet Curtius n’a pu trouver, dans les premiers temps, de solution amiable et nous a amenés in fine à ester en justice. Cette décision, grave, du Vieux-Liège et de S.O.S. Mémoire de Liège a été déterminante mais elle fut lourde de  conséquences, à la fois pour notre image et pour les finances de nos associations.

« Il fallait que cela soit dit. Cette chronique d’une décennie agitée est évidemment écrite de notre point de vue. Elle pourra alimenter d’autres réflexions, d’autres histoires : l’essentiel est que la mémoire soit sauve.

« A nos membres, à tous ceux qui nous ont soutenus, nous voulons redire notre gratitude et notre fierté car si le Grand Curtius est aujourd’hui une réalisation de grande qualité, c’est quand même, aussi, grâce à nous ! »

Joseph DELHAXHE, président de la Société Royale « Le  Vieux-Liège » et

Madeleine MAIRLOT, présidente de l’asbl  S.O.S. Mémoire de Liège