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Bavière

Courrier envoyé à la CRMSF le 26 janvier 2011 suite à l’incendie qui a endommagé la toiture de l’ancien hôpital

 

Mesdames, Messieurs,

Nous nous permettons d’attirer votre attention sur le risque que courent les bâtiments subsistants de l’ancien hôpital de Bavière. Un incendie, survenu à la fin décembre 2010, a en effet endommagé la toiture d’un bâtiment de l’entrée de l’ancien hôpital, celui qui jouxte la chapelle de Saint-Augustin, rue des Bonnes Villes. La réparation de ce toit n’est, semble-t-il, pas à l’ordre du jour. De surcroît, le fait que le propriétaire soit une société privée ne permet pas à la Ville de Liège, nous a-t-on dit,  de faire procéder à un bâchage  aux fins d’empêcher la dégradation de l’immeuble.

Or ces bâtiments de l’entrée historique et de la chapelle sont d’un intérêt manifeste pour l’histoire sociale et culturelle du quartier d’Outremeuse et, au-delà, pour l’histoire de Liège. Leur architecture est le témoin d’une époque et fait écho à celle de l’ancienne maternité, actuelle Académie de musique Grétry, sur le boulevard de la Constitution, dont le classement est demandé.

La société du « Vieux-Liège » s’est constituée en 1894 pour la sauvegarde de la Maison Porquin, propriété du XVIe siècle, située sur l’actuelle place de l’Yser, qui deviendra un hôpital sous le prince-évêque Ernest de Bavière. On peut d’ailleurs voir la représentation de ce superbe immeuble mosan au-dessus de l’imposte d’une  maison Art nouveau de la rue Ernest de Bavière.

Quant à la chapelle de Saint-Augustin, classée, elle date de 1606 et appartenait à cet ancêtre de l’hôpital de Bavière. Elle  a été démontée et remontée en 1894  par Paul DEMANY à l’endroit qu’elle occupe aujourd’hui. Elle est donc l’unique témoin encore vivant de l’hôpital du XVIIe siècle. Or, sa proximité avec le bâtiment endommagé la met en péril.

Dans le cadre du projet de requalification du « triangle de Bavière » (2006-2007, aujourd’hui abandonné), les bâtiments de l’entrée, la chapelle et l’ancienne dentisterie devaient être maintenus, restaurés et affectés. C’était là une condition précise de la charte urbanistique émise par la Ville dans le cadre de l’appel à projets.

Qu’en sera-t-il lorsqu’un nouveau  propriétaire acquerra le terrain si les bâtiments sont dégradés – ce qui ne manquera pas d’arriver dans le cas où la situation actuelle perdure ! –  ?

Nous avons réellement tout lieu d’être très inquiets.

C’est pourquoi nous demandons votre secours. Ensemble pourrons-nous peut-être faire évoluer la situation. Nous l’espérons en tout cas et restons à votre disposition.

Veuillez recevoir, Mesdames, Messieurs, l’expression de notre meilleure considération.

Pour « S.O.S. Mémoire de Liège » ASBL et pour la Société royale « Le Vieux-Liège », Madeleine MAIRLOT et Joseph DELHAXHE