Oct 01

pétition pour la sauvegarde de l’hôtel rigo situé à l’angle de la rue de fragnée et de l’avenue blonden à liège

Actuellement, Le Vieux-Liège et SOS Mémoire de Liège mènent un combat patrimonial pour sauver deux monuments de style mosan menacés de disparition et bien connus des Liégeois : l’entrée monumentale de l’abbaye du Val Benoît et la belle maison mosane de la rue de Fragnée.

Ces deux bâtiments remarquables sont sacrifiés pour des raisons d’aménagement routier mais aussi peut-être – voire surtout – parce que l’imagination manque pour leur trouver une affectation et les intégrer à un projet au cas où ils seraient maintenus. L’un a été reconstruit entièrement après les bombardements alliés sur le quartier de Fragnée qui l’avaient laissé dans un état de délabrement tel qu’il n’était pas possible de le restaurer. Pourquoi, en 1952, recréer à l’identique une abbaye et son porche d’entrée ? L’autre a été construit pendant la Première Guerre mondiale, à une époque où ce style mosan, plus vraiment en vogue,  représentait un véritable idéal pour son commanditaire.

Nous vous invitons à lire les articles qui leur sont consacrés ci-joint dans La Chronique oct-déc. 2014.

 

PÉTITION POUR LA SAUVEGARDE DE L’HÔTEL RIGO SITUÉ À L’ANGLE DE LA RUE DE FRAGNÉE ET DE L’AVENUE BLONDEN À LIÈGE

Oct 01

Chronique 362

Chronique 362 en pdf

Pour réagir à la démolition de la porterie et  à la démolition de la maison de style néo-mosan de la rue de Fragnée, vous pouvez écrire au Collège des Bourmestre et Echevins, Hôtel de Ville, place du Marché 1 à 4000 Liège.

Vous trouverez des arguments dans la chronique 362 (voir le lien ci-dessus) qui est aussi en vente au siège du Vieux-Liège (04 223 59 55), dans les boutiques de l’Archéoforum, du musée Curtius, du BAL, du musée de la Vie wallonne et à la librairie Varia rue des Mineurs. PV 5 euros.

Merci de nous aidez si vous jugez utile de sauvegarder cette partie de la mémoire liégeoise. Nous sommes à votre disposition pour toutes information. Tél 0478 31 40 44; 04 223 59 55 e-mail : m.mairlot@skynet.be ou fed.ep@skynet.be 

SIGNEZ AUSSI : POUR LA PROTECTION DES VESTIGES DE L’ANCIENNE EGLISE SAINT-HUBERT SUR   www.petition24.net

Le Vieux-Liège a pour objet la défense et la promotion du patrimoine culturel, historique, architectural et paysager du pays de Liège. Il est aussi un comité d’études archéologiques, historiques, dialectologiques et folkloriques.

Le Vieux-Liège veille à ce qu’on ne puisse impunément  détruire ou appauvrir tant notre patrimoine architectural que les divers témoins de l’histoire de notre cité.
Il publie régulièrement un bulletin et une chronique. Il organise aussi des visites guidées et des conférences pour faire connaître notre beau patrimoine.

Bref historique . À l’occasion du combat pour la sauvegarde de la maison Porquin (monument de style mosan aussi remarquable que le palais Curtius, autrefois situé place de l’Yser), la  société du Vieux-Liège a été fondée le 20 février 1894  par un groupe de Liégeois soucieux de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine monumental et culturel de la région liégeoise. Elle acquiert de statut d’asbl en 1926. Le  titre  honorifique de Société royale Le Vieux-Liège lui est décerné en 1945.

Le Vieux-Liège emménage  au deuxième étage de l’hôtel de Crassier, 14 rue des Célestines, le 17 novembre 1938. En 2001, la société déménage au 69 en Hors-Château où elle se trouve actuellement.

Bonne découverte  !

Juil 24

Toponymie (chronique janv.-mars 2012)

Nous avons inauguré, dans la dernière chronique de l’année 2010,  la  rubrique « toponymie des rues de Liège ». Comme nous vous l’avons signalé à ce moment-là, il vous est loisible de proposer des dénominations de lieux à l’échevin de l’État civil. Vous pouvez aussi nous faire parvenir vos suggestions pour que nous les lui transmettions via la sous-commission de toponymie. À noter que celle-ci est demandeuse de noms de femmes qui ont compté pour Liège,  la plupart des noms de rues qui rappellent la mémoire de personnalités étant aujourd’hui des noms d’hommes. Voici quelques-uns des nouveaux noms de rues adoptés lors du Conseil communal du 28 novembre 2011.

Je remercie vivement M. Serge Dubois, membre de la commission de toponymie, de m’avoir fourni  l’essentiel des informations qui suivent ainsi que des photographies.

Degrés Jacques Izoard

 Voirie en escaliers qui relie la rue Henri Vieuxtemps à la rue Louis Fraigneux et est prolongée par une passerelle ainsi qu’une autre volée d’escalier pour aboutir rue de Hesbaye au site propre des TEC.

Jacques Delmotte dit Jacques Izoard est né en 1936 à Liège, le jour même où Paul Valéry prononçait un discours au Conservatoire de Liège en l’honneur du 50e anniversaire de la revue La Wallonie, en présence de son fondateur, le poète liégeois Albert Mockel.

Il a toujours vécu dans le quartier de Sainte-Marguerite, notamment rue du Général Modard où se trouve aujourd’hui la Maison du Poête, au n° 18, puis  rue Chevaufosse jusqu’à son décès, en 2008.

Jacques Izoard, professeur de  français, est un  poète renommé dont l’oeuvre a été couronnée de plusieurs prix littéraires parmi lesquels le Prix de poésie de l’Académie Mallarmé, le Prix Triennal de Poésie de la Communauté française et le Prix Max Jacob.

Son nom d’auteur vient de sa fascination pour le défilé des roches rouges de l’Izoard dans les Alpes françaises.

Considéré comme l’un des grands poètes de la langue française d’aujourd’hui, ce fervent amateur de sa ville natale, ce poète du bleu, privilégiait les thèmes de la nature, du corps et du langage.

Izoard était aussi un extraordinaire animateur de revue et d’ateliers d’écriture, ce qui a fait de lui une figure connue de la culture souterraine à Liège, notamment au regretté Cirque Divers. Il a soutenu entre autres Eugène Savitzkaya, Nicolas Ancion, Karel Logist, Serge Delaive.

Son œuvre complète a été publiée en 2006 aux Éditions « La Différence » à Paris. En voici un bref extrait :

« J’ai rêvé d’être en vie quelque part et nulle part. Mais mon rêve en charpie n’a pas fait de vieux os. Ne rêve à rien, tu deviendras poussière, poussière et poussière. »

Espace François Jacqmin

 Espace vert triangulaire bordé par les rues des Fories, Léon-Frédéricq et Renoz.

 François Jacqmin (1929-1992), né à Horion-Hozémont, est un poète majeur d’une grande originalité. Il passe son adolescence en Angleterre où sa famille s’est réfugiée pendant la guerre. Il a participé à l’aventure de la revue Phantomas fondée en 1953 qui a été, pendant 30 ans, un fer de lance de l’inventivité culturelle belge, prônant la subversion poétique et alliant arts plastiques, poésie et dérision. Jacqmin y représentait la tendance classique.

Il était l’ami du peintre flémallois  Léopold Plomteux (1920-2008) et  passionné de psychanalyse freudienne. François Jacqmin a publié une dizaine de plaquettes et d’albums d’art et trois recueils de poèmes.

Citons : La rose de décembre, Bruxelles, Phantomas, 1959 ; Camera oscura, Verviers, Temps mêlés, 1976 ;  Le coquelicot de Grétry,  Bruxelles, Phantomas, 1978 ;  Les saisons, Bruxelles, Phantomas, 1979, réédité chez Labor dans la collection Espace Nord en  1988 ; Le Domino gris, La Louvière, Daily Bul, 1984, qui obtient le Prix Triennal de Poésie de la Communauté française. En 1991, un an avant sa mort, il obtient à Bruxelles le Prix Emmanuel Vossaert de l’Académie royale de Langue et de Littérature françaises et, à Paris, le Prix Max Jacob pour Le Livre de la neige, paru à La Différence.

L’espace François Jacqmin réaménagé par les services de la Ville est rehaussé par l’œuvre de l’artiste Daniel Dutrieux « Socles. Boules. Poèmes ».

Cette œuvre se trouvait initialement place Henriette Brenu. Elle a été déplacée suite à la  construction de la « Médiacité ». Voici ce qu’en a dit Jean-Marie Klinkenberg, professeur émérite de l’ULg,  au moment de son inauguration place du Longdoz :

Ce retour vers le ténu, le ténu tenace, Daniel Dutrieux l’a parfaitement assumé, en semant ses stèles à poèmes sur la liégeoise place du Longdoz.

Partant du principe que c’est dans les espaces les plus détériorés que la voix de l’artiste se fait le mieux entendre, il a choisi un de nos mille désastres urbains pour rendre ses droits à la phrase qui se déploie têtue, au texte qui se souffle court, à l’écriture qui se trace. Pour faire croître le majuscule message murmurant. […]

Les stèles de Dutrieux ne font pas que figurer un temple. Le socle qui supporte les sphères cesse en effet vite d’être un socle, ce support misérable d’un dessein grandiose. Il prend forme indépendante. Car façonnées à l’échelle de l’homme, les stèles dressées sont ainsi l’image de son corps. Leur ensemble est épars, mais pourtant habité par un secret désir d’harmonie. C’est la société. Et ses langages.

Lisons les textes, que lira peut-être, sans doute, le piéton perdu, invité à circuler entre ses semblables immobiles. Lisons-les, avec l’œil ou avec le doigt, ces textes chuchotés vers les quatre points du pauvre horizon. Dispersés, tous se rassemblent pour dire, à voix sourde, à l’unisson, la fragilité de l’homme. Et aussi la force qu’il se conquiert dans le dire. »

Parmi les textes figurant sur les socles gravés dans le petit granit, ainsi qu’en écriture Braille, se trouve celui-ci de François Jacqmin : « Celui qui explique a perdu la raison. Il faut se taire et regarder la rose qui vaque à son parfum. »

Notons également qu’un autre monument liégeois de Daniel Dutrieux, « L’arbre et son ombre » situé Esplanade Albert 1er est aussi empreint de la plume de Jacqmin.

Sentier Berthe Bovy et rue Paul Debraz à Jupille

Une rue et un sentier piéton au départ de la  rue de Beyne à Jupille, dans le cadre d’un nouveau lotissement.

Berthe Bovy (Liège 1887-Paris 1977) est la fille de Théophile Bovy, journaliste, poète, auteur dramatique et compositeur du « Chant des Wallons ». Son enfance est bercée par la musique et la littérature. A vingt ans, Berthe Bovy devient pensionnaire de la Comédie Française et entame une carrière cinématographique à l’époque du cinéma muet. L’acteur Pierre Fresnay fut son élève avant de devenir son mari.Pendant l’occupation, son activité professionnelle s’est considérablement réduite et, en 1942, elle doit quitter la Comédie Française.

Au sortir de la guerre, elle a continué une carrière théâtrale prestigieuse qui la verra encore à l’affiche en 1967. Cette grande dame a habité au 66 rue Vert-Buisson, à quelques dizaines de mètres de ce sentier. Sa maison avait  été vendue à Paul Debraz. L’épouse de celui-ci y vit encore.

Paul Debraz (1921-1985) était un chroniqueur wallon très apprécié qui écrivait sous le pseudonyme de Père Anselme. Fonctionnaire à la direction des Ponts et Chaussées de Liège, il a pendant plus de 30 ans, de 1953 à 1985, écrit des articles qui devaient leur attrait et leur popularité à la simplicité de leur auteur et à l’amour qu’il portait à son public.

Collaborateur au journal La Wallonie, Paul Debraz a aussi exercé son talent dans des  chroniques cinématographiques et autres telles : « Vous permettez », « Le beau pays wallon » et « Les travaux et les jours ».

Clos Anne de Chantraine à Jupille

Le clos Anne de Chantraine  est une nouvelle voirie qui dessert un nouveau lotissement.  Cette nouvelle voirie possède 2 accès, le 1er (principal) rue de Tesny  entre les n° 91 et 149, le 2ème (secondaire non carrossable) clos des Sôtès entre les n° 25A et 27.

Anne de Chantraine vécut au début du XVIIe siècle dans la principauté de Liège et le comté de Namur. Accusée de sorcellerie, cette très jeune fille dut affronter les tortures tribunal de l’Inquisition. Elle fut condamnée au bûcher. De cette histoire devenue une légende, Gaston Compère a tiré un roman, Anne de Chantraine ou la naissance d’une ombre, paru aux Editions de la Renaissance du Livre en 2002.

Allée Rohan Chabot à Fayembois

 Sentier qui part du thier du Goreu pour arriver au sentier du Château et à l’avenue de la Rousselière.

Cette  voirie qui apparaît tant dans les guides routiers que sur le GPS est usitée par des promeneurs pédestres ou motorisés.

La dénomination existe depuis des décennies mais n’a pas été officialisée par l’ancienne commune de Jupille, elle est même quelquefois déformée en « Pohan-Chabot ». Le domaine de Fayembois existe depuis plusieurs siècles. En 1625 le sieur Guillaume Fayin, propriétaire du château, était appelé  « en bois », ce qui donnait en wallon « tchètsê d’Fayin-Bwès », qui donna « Fayembois ».

Ce domaine a aussi appartenu au Baron Amédée de la Rousselière, né à Londres en 1804 et décédé à Liège en 1872. Sa petite fille, Nadine de la Rousselière Clouard, propriétaire du château au début des années 1900, épousa un aristocrate français originaire du Morbihan, Guillaume de Rohan-Chabot. À la mort de celui-ci en 1922, son épouse Nadine mis le domaine en vente. Actuellement, le Château de Fayembois abrite une maison de repos.

Clos des Lavandières à Rocourt

Nouvelle voirie qui prend sa source rue de Lantin entre les n° 134 et 136 et qui dessert un nouveau lotissement.

Il y a quelques dizaines d’années se trouvait, à proximité de là , « l’ouhene as clicotes » : il s’agissait des établissements Grosjean-Britte dont la principale fonction était le classement des chiffons. Dans cette « usine à chiffons », beaucoup de femmes étaient employées en tant que blanchisseuses ou lavandières. Cette profession principalement féminine  était très contraignante, surtout dans les temps anciens mais encore aujourd’hui dans certaines parties du monde.

La lavandière est également un petit oiseau au bec effilé de couleur gris cendré et portant un plastron noir de la gorge à la poitrine. Il se nourrit de petits insectes, de vers et fréquente le bord des cours d’eau ou les abords des lavoirs (anciennement publics).

Cet oiseau est nommé lavandière à cause des mouvements de sa queue comparés à ceux des blanchisseuses battant le linge. Il est aussi appelé hoche-queue et bergeronnette.

Madeleine MAIRLOT

 

Jan 06

Commémoration du 700e anniversaire du Mal Saint-Martin ( 3 et 4 août 1312 )

Commémoration du 700e anniversaire du Mal Saint-Martin ( 3 et 4 août 1312 )

Un peu d’histoire

Le Mal Saint-Martin est un des moments les plus dramatiques de l’histoire de Liège. L’un des épisodes les plus sanglants des luttes sociales qui secouent l’Europe médiévale du XIIIe au XVe siècle. La principauté de Liège n’échappe pas au phénomène: à Dinant en 1255, à Huy entre 1297 et 1302, à Saint-Trond en 1302-1304, les soulèvements populaires se multiplient. À Liège, en 1312, l’affrontement est si terrible qu’il s’inscrit dans les mémoires sous ce nom révélateur : le Mal Saint-Martin.

Contexte politique et climat social

Au moyen âge, Liège est la capitale d’une principauté ecclésiastique. Le poids de l’Église et du clergé est déterminant dans le fonctionnement politique de la cité. À l’aube du XIVe siècle, trois forces se partagent le pouvoir : le prince-évêque, le chapitre cathédral (les chanoines de Saint-Lambert) et le patriciat (les puissants lignages urbains),  une oligarchie qui occupe les postes officiels et administratifs. À la même époque, en Flandre notamment, les métiers commencent à se grouper et à constituer une force montante qui réclame un rôle dans la conduite des cités. Ainsi, la victoire des Éperons d’or, en 1302, marque-t-elle avec fracas l’irruption des corporations sur la scène politique.

Et bientôt, à Liège aussi, les grands, ces patriciens enrichis par le commerce du drap, du vin, de l’argent, vont être confrontés à la révolte des petits, des artisans, des gens de métiers, bien décidés à partager, voire à s’approprier le pouvoir communal.

La «fermeté»

En 1303, pour échapper à la taxe dite de la fermeté, le clergé liégeois s’allie au peuple contre le patriciat. Profitant de cette alliance, les métiers obtiennent une participation pour moitié dans le Conseil des Jurés, organe qui régit la cité. Ce premier pas marque l’entrée en scène des petits.

La mort du prince-évêque

Le 13 mai 1312, le prince-évêque Thibaut de Bar, qui guerroyait aux côtés de l’empereur Henri VII, meurt à Rome. Dans pareilles circonstances, la juridiction de la principauté prévoit la nomination d’un mambour (régent). Chapitre cathédral et patriciat, chacun revendique le droit de nommer ce mambour.

Le chapitre cathédral prend tout le monde de vitesse en nommant son prévôt, Arnould de Blankenheim, au poste controversé. Les patriciens enragent. Ils se rassemblent secrètement et ourdissent un complot. Ils n’admettent ni le choix du mambour ni même – et surtout – la présence dans les assemblées exécutives de ces manants issus du menu peuple. Ils veulent rétablir l’ordre ancien, quand tous les pouvoirs étaient entre leurs mains. Ils sont liés à la noblesse des campagnes, notamment au puissant comte de Looz.

Le premier incendie

    Dans la nuit du 3 au 4 août, les patriciens et leurs hommes boutent le feu à la halle des bouchers sur le Marché. Ces derniers surgissent et tombent dans le piège. Les grands ont préparé leur coup : bien armés, ils massacrent les gens des métiers qui accourent au bruit de la bataille.                                                                                                                                          Mais la surprise n’est pas totale. Certains chanoines, qui avaient eu vent de l’affaire, ont prévenu les métiers. Ceux- ci affluent. Aidés par les chanoines de Saint-Lambert, des groupes de plus en plus nombreux de gens des métiers font face aux attaquants et les obligent à se replier vers la Haute-Sauvenière. Le combat est incertain. Le chanoine Gauthier de Brunshorn s’effondre sur les degrés de la cathédrale. Puis, c’est le tour d’Arnould de Blankenheim. Malgré ces pertes, le peuple continue à harceler les patriciens.

Entraînés au combat, ces derniers résistent et se replient en bon ordre vers le Mont-Saint-Martin. Là, ils pourront s’échapper par la porte Saint-Martin vers Saint-Laurent et la route de Huy. Mais cette porte est fermée, interdisant tout passage! Les grands sont pris dans une souricière. À ce moment, les métiers de Vottem (les maraîchers) et de Sainte-Marguerite (les houilleurs) surgissent, forçant les patriciens à se réfugier dans la collégiale.

Le second incendie

Tout aurait dû en rester là. Au moyen âge, un édifice religieux offre un asile inviolable… Mais la colère du peuple est grande. Des bottes de paille sont entassées au pied de la tour de l’église et le feu y est bouté!

De l’autre côté des remparts, le comte de Looz et sa troupe, arrivés en renfort, ne peuvent pas entrer. La porte reste fermée et la population y veille! Mieux, elle se fait menaçante et force le comte à déguerpir.

La collégiale s’enflamme. Certains assiégés se jettent dans le vide, d’autres sont brûlés, ceux qui tentent de s’échapper sont massacrés par le peuple massé au pied de l’église! On évalue à deux cents le nombre de patriciens disparus dans cette terrible nuit.

Ainsi se termine le Mal Saint-Martin, placé pour l’éternité sous le signe du feu !

La paix

Les puissants lignages liégeois, déjà affaiblis par la guerre entre Awans et Waroux, sont amputés de leurs meilleurs éléments. Les survivants n’ont d’autre choix que de négocier une paix qui consacre l’entrée des métiers dans les organes politiques de la cité. Ce sera la Paix d’Angleur (1313), bientôt suivie par la Paix de Fexhe (1316).

Les manifestations                                                  de l’année «Mal Saint-Martin»

L’asbl Mal Saint-Martin a été créée pour commémorer cet anniversaire. De mai à octobre, elle a prévu diverses manifestations. Louis Nisse en est un des membres fondateurs ; il y représente Le Vieux-Liège. ( Asbl Mal Saint-Martin, rue Publémont, 45, 4000 Liège. 0475 80 41 35 – 0473 69 00 12 – 0495 51 46 96. malsaintmartin@gmail.com – www.malsaintmartin.be ) Cette association organise

1/ Un colloque

2/ Des visites de la basilique Saint-Martin

Durant les mois de juillet et août, de 14h à 17h, ouverture gratuite de la basilique: vidéo Le Mal Saint-Martin en 15 minutes, exposition d’Histart Vues de Liège au XIVe siècle en 3D, visite de la tour, etc.

3/ Une manifestation populaire

Le samedi 6 octobre, de 19h à 23h, nouvelle extension de la 19e édition de la Nocturne des coteaux à l’initiative de l’Échevinat du Tourisme de la Ville de Liège. Au départ de la rue Hors-Château jusqu’à la basilique Saint-Martin, les 20.000 visiteurs attendus seront plongés dans une ambiance évoquant celle de la nuit du 3 au 4 août 1312, sans qu’il leur en cuise néanmoins.

Mise en lumière et sonorisation du circuit, musique ancienne, chants choraux, troupes médiévales, chants de luttes, combats, campements, estaminets et restauration.

4/ Des promenades guidées

De juin à octobre, inscription de promenades thématiques dans le programme officiel de l’Office du Tourisme de la Ville de Liège.

5/ Une pièce de marionnettes

Au Théâtre à Denis, pendant l’année, et à la basilique, à l’occasion de la nocturne le 6 octobre : représentations d’une création originale de Denis Fauconnier.

LE COLLOQUE

Dans de prochains numéros, nous vous entretiendrons de ces diverses manifestations. Aujourd’hui, contentons-nous de vous détailler le programme du colloque puisqu’il se tiendra bientôt ( les 4 et 5 mai ) et que vous pourriez avoir à cœur de  vous y inscrire et même de participer au banquet au Crowne Plaza. Pour un prix raisonnable, ce serait une occasion festive de découvrir la rénovation marquante des hôtels des Comtes de Méan et de Sélys-Longchamps. (Lire à ce sujet l’article de Madeleine Mairlot dans notre précédente Chronique, pages 42-44.)

Placées sous la houlette de Jean-Louis KUPPER, médiéviste de renommée internationale, professeur à l’ULG, et de Marylène LAFFINEUR-CRÉPIN, membre de la CRMSF, ces deux journées d’études se tiendront les 4 et 5 mai 2012 au Crowne Plaza Liège et à l’Archéoforum de Liège.

Quatorze orateurs, historiens, historiens d’art et archéologues exposeront leurs découvertes, leurs analyses, leurs savoirs et leur passion sur ce haut fait de l’histoire de Liège. Le colloque s’adresse aux spécialistes mais aussi à tous les passionnés de l’histoire et du patrimoine liégeois.


 

(( CE QUI SUIT DANS UN ENCADRÉ D’UNE AUTRE COULEUR ))

1312-2012 700e anniversaire Mal Saint-Martin

Colloque

Liège

Vendredi 4 et samedi 5 mai 2012

Direction scientifique : Jean-Louis KUPPER, Professeur à l’Université de Liège Marylène LAFFINEUR-CRÉPIN, Administrateur de l’ASBL Basilique Saint-Martin de Liège

Comité organisateur : Mal Saint-Martin ASBL, Publémont 45 – B-4000 Liège 0495 51 46 96 www.malsaintmartin.be

Vendredi 4 mai CROWNE PLAZA LIÈGE                                                                     Mont Saint-Martin 9-11. Entrée par l’ancien hôtel des Comtes de Méan.

MATIN

8h30-9h Accueil des participants

9h-9h15 Mot de bienvenue du Professeur Jean-Louis KUPPER

Présidences : Jean-Marie CAUCHIES et Jean-Louis KUPPER

9h15-9h45                                                                                                                                         Les luttes sociales en Europe aux XIIIe et XIVe siècles                                                  Jean-Marie CAUCHIES                                                                                             Professeur aux Facultés Universitaires Saint-Louis à Bruxelles et à l’Université Catholique de Louvain

9h45-10h15                                                                                                                                      Les antécédents (Xe-XIIe siècles)                                                                                         Jean-Louis KUPPER                                                                                                 Professeur à l’Université de Liège

10h15-10h45                                                                                                                                      Le climat social à Liège au XIIIe et au début du XIVe siècle                                          Alexis WILKIN                                                                                                              Chercheur qualifié du FRS-FNRS à l’Université Libre de Bruxelles

10h45-11h Pause-café

11h-11h30                                                                                                                                          Le combat du Mont Saint-Martin                                                                                                Claude GAIER                                                                                                                  Directeur honoraire du Musée d’Armes à Liège

11h30-12h                                                                                                                                 L’église : un lieu d’asile ?                                                                                                      Jean-Pierre DELVILLE                                                                                              Professeur à l’Université Catholique de Louvain

12h-12h30

Présentation des recherches archéologiques menées sur le site du CROWNE PLAZA en 2007 et 2008 Jean-Marc LÉOTARD, Archéologue provincial, et Caroline BOLLE, Architecte

12h30-13h15, Lunch à la Brasserie Ô Cocottes du Crowne Plaza.

13h15-14h Visite des vestiges archéologiques et des décors anciens des hôtels de Sélys-Longchamps et des Comtes de Méan, actuel Crowne Plaza Liège

APRÈS-MIDI

Présidences : Claude GAIER et Jean-Louis KUPPER

14h-14h30                                                                                                                                        Les luttes sociales à Liège aux XIVe et XVe siècles                                                Geneviève XHAYET                                                                                                   Directrice-adjointe du Centre d’Histoire des Sciences et des Techniques de l’Université de Liège

14h30– 15h                                                                                                                                       Le feu. L’incendie purificateur                                                                                                Carl HAVELANGE                                                                                                              Maître de recherches du FRS-FNRS

15h-15h30                                                                                                                                    «Mal» ou «Male» Saint-Martin ?                                                                                     Claude THIRY                                                                                                              Professeur émérite de l’Université de Liège et de l’Université Catholique de Louvain

15h30-15h45 Pause-café

15h45-16h15                                                                                                                                      Le Mal Saint-Martin dans l’imaginaire                                                                        Philippe RAXHON                                                                                                      Professeur à l’Université de Liège

16h15-16h45                                                                                                                          L’épisode du Mal Saint-Martin traité par Fernand Vercauteren                            Christine RENARDY                                                                                                    Directrice du département Culture, musées et tourisme de la Ville de Liège

16h45-17h30 Débats

17h45-19h30 Visite de vestiges médiévaux découverts sur le Publémont et de la basilique Saint-Martin (montée au sommet de la tour)


Samedi 5 mai ARCHÉOFORUM DE LIÈGE Place Saint-Lambert

MATIN

Présidences : Jean-Marc LÉOTARD et Jean-Louis KUPPER

9h30-10h15                                                                                                                                       La vie à l’ombre des églises à l’aube du XIVe siècle, à Liège et plus particulièrement sur le Publémont ; le point sur les recherches archéologiques en cours                        Caroline BOLLE, Architecte spécialisée en archéologie des bâtiments, et Jean-Marc LÉOTARD, Archéologue provincial, attachés au Service Public de Wallonie, DGO4, Direction extérieure de Liège 1, Service de l’Archéologie

10h15-10h30 Pause-café

10h30-11h15                                                                                                                                      Le renouveau après la tempête : reconstruire une église sinistrée au bas Moyen âge. L’exemple du diocèse de Liège                                                                                         Mathieu PIAVAUX                                                                                                            Chargé de cours aux Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur

11h15-11h45 Débats

11h45-12h30 Conclusions des travaux

12h45 Drink de clôture

APRÈS-MIDI LIBRE

Visite possible du Trésor de la cathédrale ou du Grand Curtius.

 

Inscriptions au colloque par mail avant le 1/04/2012 à l’adresse marylene.laffineur@gmail.com

PAF : à payer au compte Fintro BE76 1430 7952 9795 avec nom et communication «Colloque MSM».                                                                                                                             *40 euros (avec lunch au CROWNE PLAZA, pauses-café, visites du Publémont et drink de clôture)                                                                                                                                                  *10 euros (samedi uniquement, avec pause-café et drink de clôture)                            *Étudiants : 10 euros pour les vendredi et samedi (sans lunch)


Les membres et les amis du Vieux-Liège auront à cœur de se retrouver nombreux à cette manifestation !


Déc 17

Où il est question de coteaux… et de vignobles

Cet article a été publié dans la chronique septembre-décembre 2011

On entend beaucoup parler de vignes à Liège, ces derniers temps. La presse a en effet relayé, depuis quelques mois, l’idée de la Ville d’implanter sur les coteaux de la Citadelle quelques hectares de vignobles.

De quoi s’agit-il ?

Au départ, une certaine confusion dans l’information s’est installée, due au fait qu’un premier projet avait été présenté à la presse par « Vins de Liège », une coopérative d’économie sociale qui mûrit depuis deux ans un projet d’implantation de vignobles dans la région liégeoise, notamment en Basse-Meuse et qui souhaitait acquérir, pour promouvoir leur société à Liège, le terrain des Filles de la Croix, à vendre, rue Hors-Château, pour y planter un demi-hectare de vignes.

Ce projet sur les coteaux de la Citadelle, au cœur de la cité, est devenu aujourd’hui celui de la société multinationale Vrancken-Pommery qui voudrait implanter des vignes non seulement sur le terrain des Filles de la Croix mais aussi sur la propriété de l’Evêché qui le jouxte,  entre le collège Saint-Barthélemy, rue Hors-Château et la rue du Péry, et sur le dessus du bois Fabry, près du terrain de football, un lieu de promenade et de détente très apprécié des promeneurs (voir les zones en rouge sur le plan et les photos ci-après). L’objectif est de fabriquer un « crément de Liège » dont nos autorités estiment qu’il serait une bonne publicité pour notre ville et pour son tourisme. Les vignes liégeoises situées sur les coteaux seraient la vitrine commerciale des 120 hectares prévus par la société Vrancken dans la vallée de la Meuse. L’église Saint-Gérard, rue Hors-Château, serait, dans cette optique, restaurée et aménagée pour devenir un centre de connaissance du vin.

Suite à une réaction importante de riverains, le projet sur les coteaux semble évoluer. De cinq à sept hectares, il pourrait être réduit à deux et une zone tampon entre les vignobles et les habitations de la Montagne de Bueren serait respectée (très certainement la propriété de l’Évêché).

Quant à la coopérative Vins de Liège, elle cherche d’autres terrains pour sa vitrine. La Ville lui a proposé le parc de la Paix, entre le haut de la Montagne Sainte-Walburge et le Fond Pirette, qui ne sont cependant pas des zones d’exploitation agricole au plan de secteur.

L’implantation de vignes au centre de Liège sur les terrains initialement proposés pose un certain nombre de questions que nous évoquons ci-après.

Du point de vue urbanistique, ces lieux sont particulièrement protégés par la loi puisqu’ils appartiennent, au plan de secteur, à une zone d’espaces verts et qu’ils constituent un site classé situé dans un périmètre d’intérêt culturel, historique ou esthétique mais aussi dans un périmètre d’intérêt paysager et dans le centre ancien protégé de notre ville. C’est dire si le législateur a accordé à ce lieu une attention et des  valeurs particulièrement importantes qu’il s’agit  de préserver.

Au Plan communal de développement de la nature (PCDN), ce sont des zones de développement : le plan adopté par la Ville de Liège y préconise l’enrichissement de la biodiversité.

Si on devait déroger à ces protections juridiques, ne serait-il pas à craindre que cela crée un précédent dommageable pour d’autres espaces verts  de Liège. Il s’agit de la survie des « poumons verts » qui constituent une barrière contre les  pollutions atmosphériques et sonores.

Le remplacement de zones boisées et de vergers riches de leur biodiversité par une monoculture, celle de la vigne, constituerait un appauvrissement manifeste de l’écosystème de cet endroit exceptionnel, situé au cœur même de notre cité. En effet, des centaines d’espèces végétales et animales y vivent – particulièrement des oiseaux dont un grand nombre sont protégés par la loi. Cette flore et cette faune constituent un maillage écologique qui s’est tissé au fil du temps, et qui relie la zone concernée à l’ensemble boisé du bois des Carmélites et du bois Fabry jusqu’à  Vivegnis. Depuis quelques temps, des apiculteurs se sont installés sur ces sites. Il est à craindre que les abeilles qui iront butiner des produits chimiques dans les vignobles disparaîtront tôt ou tard.

Le projet inquiète également les riverains des coteaux du point de vue de ses conséquences sur la santé : des pulvérisations de produits chimiques se feront plusieurs fois par an, vu le climat humide de nos contrées. Les effets de cocktails chimiques pouvant provoquer des maladies à plus ou moins long terme ne sont pas encore bien connus et le fait que les aspersions se feront dans une  zone de forte concentration urbaine avec un hôpital de mille lits et des milliers d’écoliers demande une  prudence toute particulière.

Du point de vue de la géomorphologie, l’érosion des sols risque d’être accentuée de façon importante avec l’arrachage des arbres, des buissons qui retiennent l’eau et de la végétation herbeuse sur des terrains en forte pente. Il y a déjà eu des glissements de terres, un bassin d’orage a débordé récemment à la Citadelle. Les conséquences d’un tel bouleversement des terres sont préoccupantes, surtout  par temps de forte pluie et de fonte des neiges. Quant aux eaux polluées par les produits chimiques, elles ruisselleront jusque dans les jardins situés en contrebas et finiront leur course dans la Meuse.

Enfin, concernant l’histoire de la vigne dans notre cité, souvent évoquée, si les coteaux étaient autrefois porteurs de vignobles, est-ce un argument majeur pour en replanter ? Depuis deux cents ans, la nature s’est reformée, transformée jusqu’à nous offrir un précieux équilibre. Et la culture de la vigne se faisait,  à l’époque, sans produits chimiques…

Ces considérations, ces questions, ces inquiétudes font débat dans les quartiers concernés et dans nombre d’associations. Une délégation de riverains a pris l’initiative d’envoyer un courrier au Collège, signé par une cinquantaine de personnes en date du 12 août dernier. Des représentants du Collège ont reçu cette délégation le 19 septembre. Ils ont proposé de créer un groupe de travail où seront exposées et discutées les réponses techniques aux questions concernant la santé, l’érosion des sols, la biodiversité et les problèmes liés à la législation.

La Ville a par ailleurs annoncé qu’elle avait l’intention de procéder à une révision globale du Plan communal d’aménagement des coteaux en vue de permettre des modifications de certaines zones dans l’avenir.

La modification du paysage des coteaux concerne les objectifs de notre association. De même que la protection des zones vertes, du centre ancien protégé et des zones d’intérêt historique et esthétique.

Le Vieux-Liège n’a pas encore pris position sur le sujet. Si le projet peut séduire de prime abord, il pose beaucoup de questions et la modification importante du cadre de vie dans les quartiers concernés qu’il entraînerait mérite qu’on y réfléchisse en profondeur. Nous reviendrons sur le sujet ultérieurement, quand les réponses posées au Collège, qui nous semblent pertinentes, seront sur la table.

En attendant, vous pouvez nous envoyer vos remarques et vos avis. Notre site Internet n’étant pas encore opérationnel (mais c’est pour bientôt), l’adresse e-mail suivante peut être utilisée : fed.ep@skynet.be

Joseph DELHAXHE et Madeleine MAIRLOT