Le site de l’Expo 1939 à Coronmeuse

Classement de Coronmeuse ?

Ce 18 mars, Le Vieux-Liège et S.O.S. Mémoire de Liège organisaient une conférence de presse pour présenter notre  Bulletin spécial sur le Grand Curtius et une demande de classement du site de Coronmeuse. La presse écrite et télévisée a bien répercuté notre information.

Nous présentons ici, brièvement, l’objet de notre demande de classement qui est actuellement examinée avec un grand intérêt par la section régionale de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles.

Les associations de défense du patrimoine ont proposé au classement une partie du périmètre de l’Exposition internationale de 1939 qu’ils ont motivée comme suit.

Le site de Coronmeuse  contient les derniers témoins d’un moment exceptionnel de l’histoire de Liège de la 1ère moitié du XXe siècle. Dans un contexte international très particulier, à  la veille de la Deuxième Guerre mondiale, Liège a relevé  le défi d’organiser une exposition internationale de grande envergure et d’une modernité remarquable tant dans son concept global que dans ses choix architecturaux. Le groupe d’architecture l’Equerre (Ivon Falise, Jean Moutschen, architecte de la Ville de liège, Emile Parent, Paul Fitschy, Edgard Klutz, Albert Thibaut) y a pris une part importante, de même que de nombreux architectes réputés, tels Georges Dedoyard et Joseph Moutschen. Des sculpteurs comme Oscar Berchmans, Adolphe Wansart, Marcel Rau, Robert Massart, Louis Dupont, Adrien Salle ont mis leur talent au service de l’esthétique du site.

Il faut bien constater qu’aujourd’hui l’architecture publique des années 1930 conserve peu de témoins au cœur de Liège. Après la disparition de la tour Piedboeuf, il reste, outre les monuments qui font l’objet de la présente demande,  le bâtiment du Génie civil de Joseph Moutschen, l’Institut de Chimie et de Métallurgie du Val Benoît d’Albert Puters,  le lycée Léonie de Waha de Jean Moutschen, les Bains et Thermes de la Sauvenière de Georges Dedoyard, l’ancienne dentisterie de Bavière sur le boulevard de la Constitution. Le lycée de Waha et les Bains de la Sauvenière ont fait l’objet d’un arrêté de classement, mais les autres monuments sont en mauvais état, voire très dégradés. Il y a donc péril de voir disparaître à terme un pan important de notre architecture.

Or Liège n’était pas absente de la réflexion qui animait le monde de l’architecture à la fin des années 1930. En avant-garde,  le groupe l’Equerre, intégré au projet dès 1937, exprimait sa volonté de rompre avec une architecture traditionnelle qui ne tenait pas compte des avancées technologiques et techniques. Cette époque mérite d’être dignement représentée dans le paysage liégeois. Elle a marqué l’Exposition par une option rationnelle, résolument moderne.

D’une façon plus générale, le site de Coronmeuse qui s’étend de la place Coronmeuse au fleuve, et de l’esplanade de l’île Monsin au pont Atlas constitue une « entrée de ville » remarquable par son paysage et son bâti : la Meuse, les terrils, témoin d’un passé minier et d’une histoire sociale, la place Coronmeuse et ses demeures historiques.

Les projets sur la rive droite, dans le quartier de Droixhe, la volonté affirmée de rendre à cet endroit les rives de la Meuse accessibles aux promeneurs et  la grande exposition internationale espérée en 2017 sur le site Coronmeuse augurent d’un avenir prometteur pour cette partie de Liège.

Nous pensons que le classement demandé de l’ancien Palais des fêtes de la Ville de Liège (patinoire), de l’école Reine Astrid, de l’esplanade du Roi Albert, du parc Astrid, de la darse et de la drève longeant la Meuse, aurait l’avantage de confirmer la valeur de mémoire du site, et sa  qualité aujourd’hui largement oubliée. Il encouragerait des initiatives d’embellissement des lieux. Il pourrait enfin rendre à cet espace historiquement marqué une identité voulue par ses concepteurs, dans l’esprit exprimé par la revue française Architecture d’aujourd’hui selon laquelle « une exposition, c’est la naissance d’un quartier neuf, c’est le point de départ d’une conception d’urbaniste ».

Madeleine MAIRLOT

 

 

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